Nellie Bly : Pionnière du Journalisme d'Investigation et de l'Émancipation Féminine

Elizabeth Jane Cochrane, dite Nellie Bly, née le 5 mai 1864 à Cochran's Mills dans le comté d'Armstrong en Pennsylvanie et morte le 27 janvier 1922 à New York, est une journaliste américaine pionnière du reportage clandestin, une forme de journalisme d'investigation.

Elle est considérée comme l'inventrice de ce qu'on a appelé dans les années 1960 le journalisme gonzo : un journalisme subjectif, écrit à la première personne, grâce à une infiltration dans un milieu donné.

Figure emblématique de l'émancipation féminine, Nellie Bly a marqué l'histoire par son audace, sa détermination et son engagement indéfectible pour la justice sociale.

Cet article retrace le parcours exceptionnel de cette femme qui a bousculé les conventions de son époque et ouvert la voie à des générations de journalistes d'investigation.

1. Enfance et Jeunesse : Les Fondations d'une Combattante

Des origines modestes marquées par le deuil

Elizabeth Cochrane perd son père, Michael Cochran, juge, à l'âge de six ans. Il avait épousé sa mère Mary Jane en secondes noces (celle-ci se remaria pour divorcer peu après et eut cinq enfants). Cependant, M. Cochran ne laisse pas de testament et Nellie n'a pas accès à sa fortune.

Fille de Mary Jane et de Michael Cochran, Elizabeth Cochran naît le 5 mai 1864 à Cochran's Mill, à proximité de Pittsburgh à Pennsylvanie ; la ville est nommée d'après son père, immigré irlandais qui à force de travail acharné a pu racheter une bonne partie des terres et moulins locaux. Elizabeth, surnommée « Pinky » pour ses vêtements perpétuellement roses, est l'une des cinq enfants de ses parents, mais son père en a également eu dix d'un précédent mariage. Michael meurt lorsque Elizabeth n'a que six ans, et sa branche de la famille est expulsée.

Forger son indépendance

Après le décès de son père et l'échec du second mariage de sa mère, la jeune femme s'occupe de la gestion d'un pensionnat pour subvenir à ses besoins. La perte de ses figures paternelles la pousse à gagner son indépendance assez tôt. Débrouillarde et intelligente, Nellie Bly déteste l'injustice.

2. Les Débuts dans le Journalisme : Une Entrée Fracassante

La lettre qui changea tout

C'est en 1885 qu'Elizabeth publie son premier article, de manière tout à fait fortuite. Alors qu'elle aide sa mère à gérer un pensionnat dans la ville de Pittsburgh, elle tombe par hasard sur un article de journal intitulé « Ce à quoi sont bonnes les jeunes filles », qui tance sévèrement les jeunes femmes qui osent poursuivre des études ou travailler. Outrée de ce sort que l'on réserve aux femmes, elle décide de rédiger une lettre incisive au journal Pittsburgh Dispatch, en réponse à cet article sexiste.

En réaction à un article sexiste du journal Pittsburgh Dispatch (« Ce à quoi sont bonnes les jeunes filles »), elle écrit au rédacteur en chef George Madden une lettre virulente signée « L'orpheline solitaire ». La lettre, incisive et particulièrement bien tournée, lui vaut une réponse de George Madden qui lui offre un poste si elle écrit un article qui montrerait son talent. Quelques jours plus tard, elle lui apporte un article consacré à la famille, au divorce et aux enfants. Elle est engagée et c'est George Madden qui lui donne son pseudonyme, Nellie Bly, d'après une chanson très connue de Stephen Foster, pour protéger sa famille des critiques.

La naissance du pseudonyme "Nellie Bly"

Madden lui donne son pseudonyme, Nellie Bly, d'après une chanson très connue de Stephen Foster, pour protéger sa famille des critiques. Ce nom de plume allait devenir synonyme de courage journalistique et d'enquêtes révolutionnaires.

3. Le Journalisme d'Immersion : Inventer une Nouvelle Forme de Reportage

Premier reportage : Les ouvrières des conserveries

Le premier reportage confié à Nellie Bly, en 1880, concerne une fabrique de conserves. Elle raconte alors la vie des ouvrières et leurs conditions de travail très difficiles, dans le froid, la saleté et le danger.

La rédaction charge alors la jeune femme de réaliser un reportage sur les conditions de travail des ouvrières dans une fabrique de conserves. Pour réaliser son enquête, Nellie Bly a l'idée de se faire embaucher au sein de la conserverie. Après quelques jours passés aux côtés des ouvrières, elle rédige son article. Elle y dépeint les terribles conditions de travail que subissent chaque jour les employées de l'usine. L'article fait sensation auprès du grand public et les ventes du journal explosent. C'est un premier coup réussi pour la jeune journaliste qui, sans le savoir, vient d'ouvrir la voie au journalisme d'investigation.

L'invention du journalisme d'infiltration

Elle se fait alors embaucher dans une tréfilerie pour écrire un article « de l'intérieur ». C'est le premier reportage du genre, prémices du journalisme d'immersion et d'investigation. Le reportage fait sensation mais Nellie Bly est forcée par les industriels à revenir aux rubriques théâtrales.

Afin de réaliser un reportage au plus près de la réalité, Nellie Bly a l'idée de se faire embaucher à l'usine. Après quelques jours, elle dispose de suffisamment d'éléments pour dénoncer l'environnement déplorable dans lequel évolue les travailleuses. Les ventes du journal grimpent en flèche, mais les industriels n'apprécient pas cette mauvaise publicité et font pression sur la rédaction.

Le voyage au Mexique : Correspondante intrépide

En 1886, elle part en voyage avec sa mère au Mexique et visite El Paso, Mexico, Guadalupe et Veracruz, fournissant au journal des articles sur les mœurs et coutumes, la vie culturelle et artistique, la politique du pays. Elle note aussi précisément que possible ses observations car elle découvre surtout que les Américains ont une image fausse des Mexicains, mais en plus de la vie quotidienne et de la culture, elle fait également une description sévère des mœurs publiques.

Reléguée aux rubriques de moindre importance, Nellie Bly va défier une nouvelle fois les règles de son époque. La journaliste décide de partir pour le Mexique où elle sera correspondante. Elle y dénonce notamment la corruption du gouvernement, mais son séjour en Amérique du sud prend fin au bout de six mois. Pour garantir sa sécurité, Nellie Bly doit rentrer chez elle.


 

4. L'Infiltration de l'Asile : Le Reportage qui Bouleversa l'Amérique

La mission impossible

Nous sommes en 1887. Elizabeth Cochrane, alias Nellie Bly, n'a que 23 ans. Elle décide de s'attaquer directement au New York World, un important journal dirigé par Joseph Pulitzer, connu pour pratiquer une presse à scandale. À l'issue d'un entretien, Pulitzer lui promet un poste si elle lui ramène un article à sensation sur une thématique bien précise qui va mettre à rude épreuve les talents d'investigatrice de la jeune femme. Le rédacteur en chef souhaite en effet un reportage sur les conditions régnant au sein du Blackwells Island Hospital, un asile psychiatrique pour femmes. Le défi est de taille, mais la jeune femme est fermement décidée à obtenir le poste.

Consciente de son talent, la journaliste prend le chemin de New-York. Déterminée à réussir chez les plus grands, Nellie Bly contacte le New York World, journal réputé pour ses articles sensationnels et dirigé par Joseph Pulitzer. Avec obstination, elle décroche un entretien. À l'issue de ce dernier, un poste lui est proposé à une condition : s'infiltrer au New York City Lunatic Asylum et rédiger un article sur cet hôpital psychiatrique. À l'époque, il était très difficile, voire impossible, d'accéder à ce type d'environnement. La seule solution était donc de se faire interner.

Simuler la folie pour découvrir l'horreur

Animée par la volonté de mener à bien sa mission, Nellie Bly s'installe dans une pension et commence à simuler la folie. Sur la décision d'un juge, elle intègre l'asile. Ce que Nellie Bly va découvrir derrière les murs du New York City Lunatic Asylum dépasse l'entendement.

La journaliste constate que les patientes subissent des maltraitances en tout genre : bains glacés, coups des infirmières, travail forcé… Pire, des femmes tout à fait saines d'esprit font partie des pensionnaires. Elles sont étrangères ou simplement pauvres et sans parents. L'endroit n'a rien d'un hôpital. Au lieu de prendre soin des patientes, l'institution maltraite ces dernières. Choquée par ses découvertes, Nellie Bly sort de l'hôpital dix jours plus tard grâce à un avocat du New York World.

Un impact immédiat sur la société

Elle publie son aventure sous le pseudonyme de L. Munro : Ten Days in a Mad-House (1887). Ce mode de journalisme, le reportage clandestin, devient sa spécialité.

Finalement, après dix jours interminables, un avocat du journal se présente à l'hôpital et la fait libérer. À peine sortie et encore horrifiée par ce qu'elle vient de vivre, elle se met au travail. Quelques jours plus tard, elle livre son effroyable récit à Pulitzer, qui le publie en deux parties dans le New York World. Les révélations de Nellie Bly sur les conditions de vie au sein de l'asile horrifient les lecteurs. Forcés de réagir, les pouvoirs publics initient une enquête judiciaire qui débouchera sur une augmentation des financements pour les unités psychiatriques et une amélioration des conditions de vie des patientes. La mission effectuée par Nellie Bly est certainement le premier exemple d'enquête journalistique sous couverture. Cette incroyable histoire d'infiltration fait d'elle une vedette et son nom devient rapidement un argument de vente.

Le désastre qui se déroule derrière les murs de l'asile ne restera pas dans les tiroirs. Avec ses révélations, Nellie Bly secoue l'opinion publique et déclenche une prise de conscience collective. Grâce à son enquête, des réformes majeures sont engagées pour les soins des maladies mentales. Nellie Bly est désormais une journaliste de renom.

5. Le Tour du Monde en 72 Jours : Un Exploit Historique

Genèse du projet

En 1888, il vient à l'idée de Nellie Bly de faire le tour du globe pour battre Phileas Fogg, le héros du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Mais le financier du New York World, George W. Turner, refuse de la soutenir, estimant qu'une femme est incapable d'un tel périple.

En novembre 1889, Julius Chambers lui demande d'entreprendre un tour du monde sur les traces de Phileas Fogg, idée qu'elle avait émise à l'automne précédent.

Le départ : Le 14 novembre 1889

Le 14 novembre 1889 à 9h40, à bord du navire Augusta Victoria, un navire à vapeur de la ligne Hamburg America Line, elle entreprend son périple de 24 899 milles (40 071 km) avec pour objectif de le terminer en 75 jours. Elle apporte avec elle la robe qu'elle portait, un solide manteau, plusieurs sous-vêtements et un petit sac de voyage contenant ses essentiels de toilette.

Malgré la tiédeur de ses soutiens, la jeune femme se lance, en novembre 1889, dans un voyage de 40 070 kilomètres qui durera 72 jours, 6 heures, 11 minutes et 14 secondes, le record de l'époque.

Une rivale inattendue

Le journal new-yorkais Cosmopolitan sponsorise sa propre journaliste, Elizabeth Bisland, pour battre le temps de Phileas Fogg et celui de Bly. Bisland ferait le tour du monde en sens inverse. Afin de maintenir de l'intérêt pour son récit, le World organise un « Jeu de devinette Nellie Bly » dans lequel les lecteurs sont invités à estimer l'heure d'arrivée de Bly à la seconde près, le Grand prix consistant d'abord à un voyage gratuit pour l'Europe, puis à une couverture complète des dépenses lors de ce voyage.

La rencontre avec Jules Verne

Au cours de son voyage autour du monde, Bly traverse l'Angleterre ; la France, où elle rencontre Jules Verne à Amiens ; Brindisi dans le sud de l'Italie ; le canal de Suez ; Colombo à Ceylan ; les Établissements des détroits (territoires britanniques) de Penang et de Singapour sur la péninsule malaise ; Hong Kong ; et le Japon.

Le triomphe : 72 jours, 6 heures, 11 minutes et 14 secondes

Ce voyage dure exactement 72 jours, 6 heures, 11 minutes et 14 secondes, le record de l'époque, battu quelques mois plus tard par l'excentrique George Francis Train. Elle embarque ainsi à bord de l'Augusta Victoria de la Hamburg American Steamship Line, au port de Hoboken. Elle arrive à Southampton le 20 novembre et y est accueillie par le correspondant du New York World, Tracey Graves.

Quand Bly arrive à Hong Kong, elle apprend qu'Elizabeth Bisland s'est également lancée dans la course. En raison du mauvais temps durant sa traversée du Pacifique à bord du paquebot White Star Oceanic, elle arrive à San Francisco le 21 janvier, avec deux jours de retard. Cependant, le propriétaire du World, Pulitzer, loue un train privé pour la ramener à la maison. Elle arrivera dans le New Jersey le 25 janvier 1890 à 15h51. Bly revient à New York soixante-douze jours, six heures et onze minutes après son départ de Hoboken. À ce moment, Bisland poursuit toujours son tour du monde.

Ses premiers mots sont : « Je suis contente d'être de retour à la maison » (I am glad to be home again). Le jour même, Jules Verne reçoit une dépêche pour l'informer de la réussite du voyage. Il répond dans l'Écho de la Somme : "Amiens, 25 janvier Jamais douté du succès de Nellie Bly, son intrépidité le laissait prévoir".

Un succès phénoménal

Du 14 novembre 1889 au 25 janvier 1890, Nellie Bly parcourt ainsi le monde en 72 jours, 6 heures, 11 minutes et 14 secondes et 40070 kilomètres, battant son objectif de départ. Cette circumnavigation la rendra célèbre à plus d'un titre et renforcera sa popularité.

6. Les Années au New York World : Journalisme Engagé

Des enquêtes sociales percutantes

Au New York World, Nellie Bly poursuit ses investigations et publie des articles engagés sur des questions de société, s'attaquant à la corruption de la classe politique et s'attachant toujours autant aux conditions de vie des ouvriers et des femmes. Elle rencontrera et interviewera notamment les militantes Emma Goldman et Susan B. Anthony.

Les articles de Nellie sont reconnaissables à deux choses. Ce sont toujours des sujets militants (les lobbys, l'accès au soin pour les pauvres, les prisonniers maltraités, etc…) Mais surtout, elle a un angle d'attaque qu'aucun journaliste n'a jamais utilisé, elle se met du côté des détenues, des grévistes, des pauvres, etc….

L'enquête sur le Lobby King

En 1887, John Albert Cockerill, administrateur du New York World, lui demande d'écrire un article sur Edward R. Phelps, surnommé le « Lobby King ». Elle se déguise et entre dans l'entourage du lobbyiste. Phelps et plusieurs hommes politiques sont traduits en justice après le reportage, mais aucun n'est condamné.

7. Une Femme d'Affaires Visionnaire

Le mariage avec Robert Seaman

Le 5 avril 1895, Nellie Bly épouse le millionnaire Robert Seaman, rencontré lors d'une réception à Chicago, et s'éloigne du journalisme.

A cette période, cependant, son frère décède et Nellie décide de se charger de sa veuve et de ses orphelins ; elle se retrouve alors en situation financière délicate. En 1895, elle surprend tout le monde en épousant le vieux millionnaire Robert Seaman, de 42 ans son aîné. Peu à peu, Nellie s'éloigne du journalisme et s'implique de plus en plus dans la gestion de la fabrique de bidons métalliques de lait de son époux. Elle crée même un nouveau type de bidons.

Une cheffe d'entreprise progressiste

Après la mort de son mari en 1904, elle prend la direction de sa fabrique de bidons métalliques pour le lait. Elle finance le dépôt de brevet du bidon métallique de 55 gallons utilisé pour transporter le pétrole, inventé par Henry Wehrhahn (Brevet U.S. 808327 et 808413). Elle est aussi l'inventrice d'autres objets fabriqués par l'entreprise : un pot de lait (brevet US697553) et une poubelle empilable (brevet 703711). Rare femme américaine à la tête d'une industrie de cette taille, elle y instaure de nombreuses réformes (salaire journalier, investissement dans des centres de loisirs, des bibliothèques pour les ouvriers, etc.).

Nellie offre des conditions de vie inimaginables pour l'époque à ses employés : une assurance-maladie, des bons salaires et même une bibliothèque.


8. Correspondante de Guerre et Militante Féministe

La Première Guerre Mondiale

La première guerre mondiale éclate et elle convainc le World de l'envoyer sur le terrain. Elle part en Autriche et elle est la première femme correspondante de guerre. Pendant ces années sur le front, elle écrit aussi beaucoup sur les suffragettes et milite pour le droit de vote des femmes.

Combat pour le droit de vote des femmes

Le militantisme de Nellie Bly pour les droits des femmes s'est exprimé tout au long de sa carrière, non seulement par ses reportages mais aussi par ses actions personnelles et ses rencontres avec les grandes figures du mouvement suffragiste.


9. Les Dernières Années et l'Héritage

Retour au journalisme

En 1920, elle rentre à New York et crée une rubrique permanente, toujours sur les sujets qui l'exaspère. Elle meurt d'une pneumonie deux ans plus tard, en 1922, âgée de cinquante-sept ans. Le lendemain, la presse lui rend hommage dans un article intitulé « La plus grande journaliste d'Amérique ».

Un hommage mérité

À l'âge de 57 ans, elle meurt d'une pneumonie au Saint Mark Hospital de New York. Le lendemain de sa mort est paru un article dédié à la meilleure journaliste d'investigation d'Amérique.

Une reconnaissance posthume

Chaque année, le New York Press Club décerne le prix Nellie Bly aux jeunes journalistes les plus audacieux.


10. L'Impact et l'Héritage de Nellie Bly

Pionnière du journalisme d'investigation

Pionnière du reportage clandestin, une forme de journalisme d'investigation, et de l'émancipation féminine, elle a réalisé, seule, un tour du monde en 72 jours entre la fin de l'année 1889 et le début de 1890. Elle est considérée comme l'inventrice de ce qu'on a appelé dans les années 1960 le journalisme gonzo : un journalisme subjectif, écrit à la première personne, grâce à une infiltration dans un milieu donné.

Une figure de l'émancipation féminine

C'est en femme, en journaliste et en solitaire qu'elle entame cette traversée en novembre 1889, chargée d'un unique sac à main. Une première. Et en 72 jours, elle boucle cette expédition, qui est autant une ode à l'audace et à la détermination qu'une lutte pour l'émancipation des femmes.

Une reconnaissance internationale

Depuis 1998, son nom est inscrit au National Women's Hall of Fame.


CONCLUSION

Nellie Bly demeure une figure emblématique du journalisme d'investigation et de l'émancipation féminine. Son courage, sa détermination et son engagement indéfectible pour la justice sociale ont ouvert la voie à des générations de journalistes.

De son infiltration révolutionnaire dans l'asile psychiatrique de Blackwell's Island à son tour du monde record en 72 jours, en passant par ses enquêtes sur le monde ouvrier et son rôle de pionnière correspondante de guerre, Nellie Bly a constamment repoussé les limites imposées aux femmes de son époque.

Cheffe d'entreprise visionnaire instaurant des réformes sociales avant-gardistes, inventrice détentrice de plusieurs brevets, militante féministe, Nellie Bly incarnait une modernité et une audace qui résonnent encore aujourd'hui. Son héritage perdure à travers le prix Nellie Bly décerné chaque année aux jeunes journalistes les plus audacieux, et son nom reste synonyme de courage journalistique et d'intégrité.

Comme l'a écrit la presse au lendemain de sa mort en 1922 : Nellie Bly fut "la plus grande journaliste d'Amérique", une femme qui a prouvé qu'aucune barrière ne pouvait résister à la détermination et au talent.